Congé parental : le bilan à mi-chemin

1er septembre – 1er décembre : voilà, cela fait 3 mois que je suis à la maison – j’en suis donc à la moitié de mon congé parental. Ai-je survécu ? Oui, sinon, je n’écrirai pas ! Suis-je au bord du gouffre ? Sous Xanax ? Attendez, je prends mon pouls… Mais non, tout va bien. Je n’ai même pas supplié ma hiérarchie de me reprendre fissa ! Alors, on fait le bilan à mi-parcours ?

La vérité, c’est que.. Je me sens bien. Contre toute attente. Vraiment, on m’aurait dit il y a quelques années que je serai femme au foyer et que j’aimerai ça, je vous aurai ri au nez. Mais bon, ça je l’ai déjà dit. Je vous avais déjà exposé mes craintes ici.

Alors, qu’en est-il de ces craintes ?

Eh bien, pour la plupart, elles étaient fondées. D’autres sont même venues se rajouter. En fait, je n’ai pas l’impression de « faire » grand chose de mes journées, qui sont maintenant bien rodées. Le matin, je m’occupe de la maison et de préparer à manger pour le midi, pendant que Number 2 fait la sieste. Lorsqu’il se réveille, je n’ai pas forcément beaucoup de temps à lui consacrer (il faut finir de préparer le déjeuner, et partir vite chercher Number 1 à l’école). Ça c’est la vraie déception du truc : oui, j’ai du temps avec mes enfants, mais finalement, il n’est pas forcément plus de « qualité » que lorsque je travaillais. Parce que la maison, parce que l’organisation. Bien sûr, je suis en congé parental et pas en congé « femme de ménage », mais que voulez-vous, la femme de ménage on l’a virée pour cause de budget riquiqui, et il faut bien se rendre à l’évidence : comme on est à la maison toute la journée, on la salit aussi 8 fois plus vite ! Et puis, il faut bien manger, et, tant qu’à faire, je voudrais qu’il mange aussi bien, sinon mieux, qu’à la cantine ou la crèche.

Le budget, d’ailleurs, parlons-en : ma plus grande hantise. On ne s’en sort pas trop mal mais il a bien fallu piocher dans nos économies, et de mon côté, elles se sont réduites à peau de chagrin. Il faut dire aussi qu’on a fait quelques économies en résiliant nos divers abonnements (canal+, et diverses boxs), qu’on a changé d’opérateur mobile pour payer moins cher, mais qu’on a continué de se faire plaisir ailleurs : mais à chaque fois pour des dépenses « c’est maintenant ou jamais » : je trouve que c’est aussi pour ça que l’on met des sous de côté. Je redoute quand même les prochains mois, et celui de décembre encore plus : Noël me fait péter les plombs (shoppingement parlant).

Enfin, il y a bien eu quelques accrochages à ce sujet avec PapaOrdinaire, notamment lorsqu’il a fallu racheter des pyjamas à Number 2, et que je me suis retrouvée avec un panier de 200€ à La Redoute (pas ma faute, c’étaient les « jours Oh! claquez votre fric, on vous fait des vraies-fausses réduc’ de dingo »). Bon. Petit rappel à l’ordre, crispation, grognements : j’ai fini par réduire de moitié le prix du panier (et oui, promis, il y avait des pyjamas. N’en déplaise à PapaOrdinaire). Ce pauvre enfant a tout de même droit à quelques tenues qui n’ont pas appartenues à son frère, n’est-ce pas ? (oui bon, et je suis légèrement addict aux barboteuses trop mignonnes, je plaide coupable). BREF. Je suis dépensière et PapaOrdinaire est une pince, on fait avec tous les deux et on essaie de faire des compromis chacun de notre côté sans se mettre trop sur la tronche (c’est beau l’amour).

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La bave, c’est cadeau #petitescargot

Enfin, mes collègues, et mes élèves (enfin, avoir des élèves), me manquent énormément. Il manque du défi à ma vie, en fait. Ne pas travailler, c’est avoir peu de sujet de conversation. Ne pas travailler, socialement, c’est hyper dur. Personne ne me le fait ressentir, hein ? Tout le monde est très bienveillant. Mais je m’en rend bien compte : je suis moins intéressante. Et de moi-même, j’ai finalement peu de choses à raconter.

Mais bon, j’ai peu le temps de penser à tout ça, car – et ça c’est l’autre effet kisscool auquel je ne m’attendait pas, du temps, j’en ai finalement peu pour moi. Ma seule pause du jour, c’est celle de la sieste des enfants de 13 à 15h – et lorsqu’ils décident de l’écourter, ou de ne carrément pas la faire, c’est tant pis pour moi. Oui, je m’étais dit, chouette, je vais avoir du temps pour moi, je me suis lancée dans plein de projets : ce blog, des projets en tricot, faire une vraie déco de Noël pour une fois… Mais je me rends bien compte que je n’arrive pas à faire tout ce que je veux, et que je dois revoir mes ambitions à la baisse.

Le tableau est-il tout noir pour autant ?

Oh non. Loin de là. On a gagné en qualité de vie, tous, toute la famille. Finalement, tout le monde en profite de ce congé parental. PapaOrdinaire, qui peut partir en déplacement 10 jours sans réfléchir 3 millions d’années si c’est le bon moment ou pas, et qui peut aller à une réunion le matin à 8h30 sans souci : je peux très bien emmener Number 1 à l’école le matin, ça demande juste une autre organisation. Par contre, tout ça sera plus compliqué lorsque je retravaillerai.

Number 1 en profite bien aussi. Je vois bien comme tous ses camarades sont fatigués. Pas lui. Il pète le feu. Le rythme qu’on a trouvé (école le matin, à la maison l’après-midi), lui convient très bien. Il fait la sieste à la maison, et l’après-midi, il peut jouer seul tranquillement (bon, en vrai il a encore bien besoin de ses parents pour jouer, mais disons que, vu sa phobie du monde, ça lui fait du bien de n’être à l’école que le matin). On sort aussi, tous les jours, et je sais que pour lui c’est vraiment important. Qu’il en a besoin. Il est maintenant content d’aller à l’école le matin (l’autre jour il m’a dit : « C’est trop bien l’école maintenant maman ! ») – et ravi d’aller à la cantine le lundi (mais, je pense que ce sera différent lorsqu’il faudra y aller tous les jours…).

Number 2, lui, aime bien la crèche. Il s’y plait beaucoup. Il a ses fans. Mais n’y dort que très peu (comme son frère). Malgré tout, je pense que ce sera lui qui se fera le plus vite au nouveau rythme.

Quant à moi… Finalement, je me demande si ce n’est pas moi qui en profite le plus, de ce congé parental ! Certes, les tâches sont rébarbatives, certes mon cerveau est moins sollicité… Mais, justement ! Je suis moins stressée, on vit sans se presser, j’ai vraiment l’impression qu’on profite, en mode « slow life » comme disent les branchés. Je savoure mes soirées, vraiment, où je n’ai rien à faire d’autre que de regarder des conneries à la télé, en tricotant ou pas, selon l’envie. J’ai moins de temps pour moi que ce que je pensais, mais mine de rien j’en ai quand même beaucoup plus que si je travaillais, et j’en suis pleinement consciente. Je me trouve plus patiente. Enfin, plus que ce que j’imaginais. Parce que bon, ça ne change pas le fait que, lorsque les nuits pourries s’enchainent, je pète les plombs facilement. C’est mon gros point faible et il faut clairement que je travaille là-dessus. Mais, globalement, en passant plus de temps avec mes enfants, je crie quand même moins. Incroyable non ?

Et puis, quand les nuits ont été pourries, je n’ai pas besoin de me lever. Je peux rester au lit jusqu’à ce que PapaOrdinaire et Number 1 partent pour l’école. Je peux me lever en même temps qu’eux mais être encore en pyjama à 8h30. Même toute la matinée si ça me chante. Et ça, je savoure aussi. C’est moins la course le matin. Je sais que quand je retournerais travailler, il faudra que je me lève vraiment plus tôt, même avant les enfants. Alors, pour le moment, je profite pleinement de cette chance et recharge les batteries au maximum.

Et la suite ?

J’ai fait ma demande de « réintégration », à 75%, qui a été acceptée. J’attends maintenant de savoir sur quel poste je serai, et surtout, dans quelle ville ou village. Je voudrais le savoir vite, histoire qu’on commence à envisager une organisation. Car oui, ce sera une sacrée ré-organisation, et il va sûrement falloir un temps avant que tout le monde trouve ses marques… Les journées seront plus longues, pour les petits comme pour nous moi. Ce sera un peu plus la course, le matin, le soir… On en profitera différemment. Pour l’instant ça ne me fait pas trop peur. Je n’ai pas encore hâte non plus. Je profite du moment présent, et je crois que c’est très bien comme ça. Ces trois mois sont finalement passés si vite ! J’ai bien peur que les suivants passent encore plus vite.

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12 commentaires sur “Congé parental : le bilan à mi-chemin

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  1. Les barboteuses, j’adore aussi . Côté fric ben je fais hyper gaffe aussi. Tu as de la chance d’avoir numéro 1 en crèche. Ici , petit amour à pas de place et les nounous c’est cher en plus faudrait y mettre les deux pour que je bosse donc résultat, cela revient moins cher de les garder moi même. Au final, ils sont tout les deux et avec maman alors que demander de plus ? 🤣 .

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    1. Number 2 ne va à la crèche que les lundis (impossible de le mettre plus, financièrement, pour le moment), et Number 1 est à l’école le matin. Si tu arrives à te trouver une petite place en occasionnelle en crèche (souvent ils ont de la place pour quelques après-midi ou demi-journées par ci par là), je te le recommande vivement : c’est ma bouffée d’oxygène, et ça me permet vraiment d’être plus zen le reste de la semaine !!

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  2. Pour ma part, j’ai pris un congé parental de seulement 1 mois et demi pour ma 1ere, rallongé à 6 mois pour ma 2ème (et j’ai ensuite repris à 80%). J’avais le même ressenti que le tien (hormis que ma 1ere n’était pas encore scolarisée alors), j’ai apprécié ce temps suspendu avec mes enfants, à un rythme ralenti et très « ménager », et j’en garde un joli souvenir, parfois même bien tentant quand le tourbillon du travail devient fort…Mais j’apprécie aussi beaucoup de travailler, d’avoir du temps sans mes enfants, des activités qui me sont propres et qui me stimulent. En cela, ma solution idéale est le temps partiel, mes mercredis non travaillés me permettant chaque semaine d’avoir une pause « desperate housewife » et « maman gâteau » pour apaiser ma semaine de travail.

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    1. J’apprécie également beaucoup travailler, et je serai contente de reprendre le chemin du travail, même s’il faudra alors trouver une nouvelle organisation. Je crois que j’arrive simplement à apprécier le moment présent, et ça c’est plutôt chouette ! Et effectivement, le temps partiel me parait être vraiment le bon compromis (demandé ici aussi mais il me permettra plutôt de bosser à la maison pour avoir mes week-ends et mes soirées tranquilles).

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  3. Je fais à peu près le même bilan que toi : pas vraiment plus de temps « efficace » (d’ailleurs mon blog était mieux tenu quand je travaillais !) mais plus de temps globalement et moins de stress évidemment. Mon seul bémol : mon grand a fini par comprendre que je n’allais plus au bureau mais que je restais avec son frère à la maison et les départs le matin sont devenus (encore plus) compliqués…

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    1. Ca me rassure un peu que tu me dises que ton blog était plus à jour lorsque tu bossais ! C’est vraiment mon grand regret et ma grande résolution de 2018 !
      Et Number 1 a compris depuis un moment que j’étais à la maison… Je suis arrêtée depuis février 2017 (ça commence à faire !) car j’avais des contractions, et depuis que je suis à la maison, enceinte puis avec Number 2, ça a toujours été difficile à vivre pour Number 1. Maintenant il va à l’école, je peux lui dire que c’est « obligatoire », mais j’essaie surtout de lui faire voir tout ce qu’il apprend, et qu’il y retrouve ses copains. La période des vacances est idéale pour lui faire comprendre que nos matinées n’ont rien d’intéressant entre la sieste de Number 2 pendant laquelle il ne faut pas faire de bruit, le ménage, la préparation du repas… Malgré tout il est quand même bien content que ce soit les vacances et me demande régulièrement si « on va à l’école aujourd’hui ? »… OUPS.

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  4. Oh merci pour ce tableau honnête ! Encore une fois, je pense qu’on se ressemble pas mal et je m’imagine tout à fait réagir comme toi. Je me vois bien prise au piège de l’organisation quotidienne qui fait qu’on se retourne sur sa semaine et qu’on se dit : « oh ben ça alors, c’est passé tellement vite, j’ai eu le temps de rien ! »
    Je n’avais pas suivi que ton grand n’allait à l’école que le matin : c’est top pour lui, mais en effet, pour toi, c’est rude !

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    1. Oui je crois qu’on se ressemble pas mal sur plein de points ^^
      Et pour Number 1 qui ne va pas à l’école l’après-midi, en fait ça ne me parait pas si rude que ça ; je m’épargne deux aller-retours en voiture, la galère pour se garer, tout ça pour deux pauvres heures… Et puis à la maison au moins, je sais qu’il fait la sieste. Mes deux heures tranquille, je les ai au final, ou presque, et je ne cours pas toute l’après midi ! lol

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